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Notre-Dame de Lumière
Homélie pour le 19ème dimanche du TO 2014 PDF Imprimer

Homélie 19ème dimanche du temps de l'Eglise

 

On pourrait presque faire un film comique avec saint Pierre ! Il bombe le torse : "Si c'est bien Jésus qui est là sur l'eau, vous allez voir !" Et il marche sur la mer. Pas longtemps quand même. Plus tard, Pierre bombera encore le torse : "Moi vivant, je ne t'abandonnerai pas !"... On connaît la suite.

J'aime bien saint Pierre ; il parle plus vite qu'il pense, comme Lucky Luke qui tirait plus vite que son ombre. J'aime bien saint Pierre, car saint Pierre, c'est nous !

D'abord, comme Pierre, nous sommes souvent centrés sur nous-mêmes. Reconnaissons-le, ce qui nous intéresse en premier lieu, c'est nous-mêmes. C'est mon look, ce sont mes performances. Quelqu'un rencontre un autre qui a mauvaise mine. "Ca va pas ? - Non, j'ai mal au foie. - Ah pauvre, c'est comme moi, etc." Dans les entreprises, c'est pareil. Dans l'entreprise, il peut y avoir une mentalité de partage ou une mentalité d'égoïsme organisé. Même en politique : qu'est ce qui motive les dictateurs du monde ? Rien que la soif du pouvoir. Moi, moi ! Dans les ménages, c'est pareil quand chacun veut tirer la couverture à soi, au propre et au figuré ; ce sera bientôt la catastrophe.

Saint Pierre, c'est ça. Un costaud, sûr de lui. Alors qu'est-ce qui se passe ? Pierre marche sur l'eau. Au début ça va. Et puis d'un coup il pense : "Et si je me noyais?" Alors la peur le paralyse. J'ai connu ça : je voulais traverser un petit lac de barrage, à la nage, pas en marchant sur l'eau... Arrivé au 1/3, je me dis : "Et si je n'arrive pas de l'autre côté ?" Cela m'a paralysé un moment. je m'en suis sorti en faisant la planche un bon moment... Pierre a peur, il veut sauver sa peau.

La peur. Nous ne pouvons pas ne pas penser aux chrétiens d'Irak face aux islamistes, aux chrétiens du Nigéria face à Boko Haram. Il y a là-bas une ambiance de peur ; la mort peut arriver à tout moment, sans prévenir, sans pitié. Et la peur peut tuer la foi. Mais aussi elle peut faire sortir quelqu'un de son orgueil pour appeler au secours. Ecoutons Pierre qui crie : "Seigneur, sauve-moi !" Pierre retrouve le cri du pauvre, cri qui traverse toute la Bible, depuis Joseph vendu par ses frères, jusqu'au Christ de Gethsémani, en passant par Sidrach, Misach et Abdénago dans la fournaise. "Un pauvre crie, le Seigneur entend". Mais appeler un autre au secours, c'est sortir de soi-même pour croire en un autre, c'est se décentrer comme on dit. C'est bien ce que Jésus dira à Pierre plus tard : "Autrefois tu attachais ta ceinture toi-même. Un jour viendra où ce sera un autre qui t'attachera ta ceinture et te mènera..."

Je crois que tous, si nous voulons être chrétiens, nous avons à suivre le même chemin que Pierre. Crier un jour : "Seigneur, sauve-moi !" Cela veut dire sortir de notre orgueil, de notre nombril, de nos peurs, nous décentrer pour nous jeter dans les bras de Dieu.

Terminons en disant que nous avons un modèle de décentrement, c'est Jésus. Juste avant le texte d'aujourd'hui, on apprend que Jean-Baptiste a été décapité. Horrible... Jésus a appris la mort de Jean-Baptiste avant nous ; et il a peur, c'est normal. Peur d'y passer lui aussi. Alors qu'est-ce qu'il fait ? Il va prier seul dans la montagne, la nuit. Et on peut bien supposer que sa prière a été un cri d'angoisse et d'amour vers son Père : "Père, sauve-moi de cette heure! Père, entre tes mains je remets mon esprit." Voilà une vraie prière de chrétien.

 

 

 
15 août 2014

 

Les fêtes de l'Assomption

à Notre Dame de Lumière

 

jeudi 14 août

 

21h : veillée de prière et procession

aux flambeaux suivies de la Messe

 

vendredi 15 août

 

11h : messe solennelle à l’esplanade Jeanne d’Arc

Prédicateur : P. Arsène Perbost omi

après la Messe : apéritif, repas tiré du sac, tombola, animations

 

17h : chemin de Lumière dans la colline, jusqu’à la chapelle St Michel

 
Parabole du semeur : un commentaire de Simone Grava-Jouve PDF Imprimer Envoyer

 

Terre de rencontres

Eté : le Sud scintille de chaleur et bruisse des foules transhumantes qui viennent s'y distraire et s'y reposer. La Provence brûle de toutes ses pierres échauffées - maisons, pavés, murs et remparts, églises et monastères et tous les monuments témoins d'une très riche et très ancienne histoire... Tout cela fait en juillet, de cette terre hospitalière, jardin de fruits, de cigales et de fleurs, un modèle de luminosité dorée, et, par voie de conséquence, un centre de tourisme fort attractif. Mais, il y a quelques décennies, le père Robert Chave, prêtre d'Avignon, homme de foi aimant la vie, les hommes, et le théâtre, avait imaginé une voie pour semer une graine et ajouter une discrète dimension spirituelle à tous ces attraits : l'envie de faire se rencontrer ceux qui venaient à l'occasion du festival, et les inviter à se parler dans le projet d'une confrontation éventuelle avec la foi chrétienne. C'était, dans son esprit, une forme d'évangélisation très respectueuse des artistes qui s'y produisaient et des spectateurs qui s'y rendaient, car il s'agissait d'aller "voir et entendre", pour discuter ensuite des textes, des interprétations, des mises en scène, en «témoignant» de leur résonance dans une perspective chrétienne. L'idée qui fondait la démarche était simple mais forte : la culture et la foi ont quelque chose à se dire, toutes deux se questionnent et se nourrissent mutuellement, se provoquent parfois, tirent toujours profit de leur dialogue. L'association que le père Chave a imaginée s'appela donc « Foi et Culture », elle est toujours vivante, elle continue là où elle fut fondée, mais l'esprit qui l'anime dépasse largement, à mon sens, le festival d'Avignon : partout, en Provence, désormais, ont lieu des « rencontres » autour de thèmes divers où l'art, la culture, la musique, le théâtre, entraînent des émotions, des réflexions, donc des échanges possibles. Ces spectacles se tiennent parfois dans les églises, et quasiment toujours dans des lieux singuliers qui cherchent la beauté. Soyons attentifs, nous, chrétiens, à cette recherche et n'hésitons pas à dialoguer avec les artistes et avec les spectateurs. Le semeur fait tomber les grains là où il se trouve : certains sont perdus, d'autres ne mûriront pas, quelques-uns donneront du fruit en abondance (Mt 13), Dieu seul sait ce qu'il adviendra. Alors, comme le psalmiste (Ps 64) qui loue l'action fécondante du Seigneur, affirmons - en pensée et en actes - notre confiance en la Bonne Nouvelle dont nous avons à témoigner : « Ta parole germera... Tu prépares les moissons... Tu bénis les semailles... Sur ton passage ruisselle l'abondance... ».

Bon été à tous !           Simone Grava-Jouve