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Notre-Dame de Lumière
nativité de la vierge

 

Ensemble, fêtons la Nativité de la Vierge Marie

 

 

 

Samedi 6 septembre

 

21 h Veillée de prière, procession aux flambeaux,

Messe de la nativité de Marie

 

Dimanche 7 septembre

 

11 h : messe solennelle sur l’esplanade Jeanne d’Arc

18h30 : chapelet médité à la crypte

 

 

 

 
L'église est fermée !

En raison de vols répétés, l'église sera désormais fermée entre 12h15 et 14h30, chaque jour. Avec nos excuses pour ce dérangement.

 
Parabole du semeur : un commentaire de Simone Grava-Jouve PDF Imprimer Envoyer

 

Terre de rencontres

Eté : le Sud scintille de chaleur et bruisse des foules transhumantes qui viennent s'y distraire et s'y reposer. La Provence brûle de toutes ses pierres échauffées - maisons, pavés, murs et remparts, églises et monastères et tous les monuments témoins d'une très riche et très ancienne histoire... Tout cela fait en juillet, de cette terre hospitalière, jardin de fruits, de cigales et de fleurs, un modèle de luminosité dorée, et, par voie de conséquence, un centre de tourisme fort attractif. Mais, il y a quelques décennies, le père Robert Chave, prêtre d'Avignon, homme de foi aimant la vie, les hommes, et le théâtre, avait imaginé une voie pour semer une graine et ajouter une discrète dimension spirituelle à tous ces attraits : l'envie de faire se rencontrer ceux qui venaient à l'occasion du festival, et les inviter à se parler dans le projet d'une confrontation éventuelle avec la foi chrétienne. C'était, dans son esprit, une forme d'évangélisation très respectueuse des artistes qui s'y produisaient et des spectateurs qui s'y rendaient, car il s'agissait d'aller "voir et entendre", pour discuter ensuite des textes, des interprétations, des mises en scène, en «témoignant» de leur résonance dans une perspective chrétienne. L'idée qui fondait la démarche était simple mais forte : la culture et la foi ont quelque chose à se dire, toutes deux se questionnent et se nourrissent mutuellement, se provoquent parfois, tirent toujours profit de leur dialogue. L'association que le père Chave a imaginée s'appela donc « Foi et Culture », elle est toujours vivante, elle continue là où elle fut fondée, mais l'esprit qui l'anime dépasse largement, à mon sens, le festival d'Avignon : partout, en Provence, désormais, ont lieu des « rencontres » autour de thèmes divers où l'art, la culture, la musique, le théâtre, entraînent des émotions, des réflexions, donc des échanges possibles. Ces spectacles se tiennent parfois dans les églises, et quasiment toujours dans des lieux singuliers qui cherchent la beauté. Soyons attentifs, nous, chrétiens, à cette recherche et n'hésitons pas à dialoguer avec les artistes et avec les spectateurs. Le semeur fait tomber les grains là où il se trouve : certains sont perdus, d'autres ne mûriront pas, quelques-uns donneront du fruit en abondance (Mt 13), Dieu seul sait ce qu'il adviendra. Alors, comme le psalmiste (Ps 64) qui loue l'action fécondante du Seigneur, affirmons - en pensée et en actes - notre confiance en la Bonne Nouvelle dont nous avons à témoigner : « Ta parole germera... Tu prépares les moissons... Tu bénis les semailles... Sur ton passage ruisselle l'abondance... ».

Bon été à tous !           Simone Grava-Jouve

 

 
21ème dimanche du temps de l'Eglise PDF Imprimer

(sur l'évangile selon saint Matthieu 16, 13-20)

 

Vous avez vu ? On a ajouté un verset* au texte "officiel" de l'évangile d'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas comprendre la question de Jésus : "Qui dites-vous que je suis ?", sans ce verset.

C'est facile de dire : "Je crois en Jésus le Fils de Dieu." On le dit même parfois sans y penser. On le chante même. Il paraît que le maire de Béziers a dit aux gens : "Si vous voulez lutter contre les islamistes, retournez à l'église !" Pour lui, cela voulait sans doute dire : "Allez prier, soyez chrétiens." . Mais retourner à l'église, cela veut dire aussi :

retrouvez la foi en Jésus Fils de Dieu. Et pas seulement en faisant du blablabla comme saint Pierre. Parce que Jésus Fils de Dieu, c'est Jésus qui donne sa vie par amour, Jésus qui va souffrir, qui va être mis à mort pour nous. Voilà pourquoi on a ajouté ce dernier verset.

Dès lors, si tu crois en Jésus, tu acceptes aussi de donner ta vie par amour. C'est par l'amour que tu vas triompher de la barbarie des islamistes, de l'égoïsme des riches, de la haine dans les banlieues américaines, du mépris du rom et de l'immigré. Si tu ne donnes pas ta vie, ta foi c'est du blablabla.

On est toujours tentés de prendre des raccourcis. Suivre Jésus, mais sans passer par la croix, surtout pas ! Mais alors c'est foireux, c'est raté. Car ce sont l'amour et le don de soi qui rendent l'Eglise visible, bien plus que les grandes processions en ville et les grands tralala à Rome ou à Rio.

Vous connaissez Jules 2 ? Et Jean 23 ? Qu'ont-ils en commun ?

Pour nous, Jean 23 a été un vrai signe de l'Eglise, mais pas Jules 2. Et pourtant ils sont papes tous les deux. Mais avec Jules 2, heureusement qu'il y a eu François et Claire d'Assise, saint Dominique etc. Ce sont eux qui ont montré le vrai visage de l'Eglise, le visage du don et de l'amour. Pas Jules 2, tout pape qu'il fût ; Alors il faut se méfier de la papolâtrie. Parfois on a l'impression que l'Eglise c'est le Pape. Ah ! François, François, François ! Or l'Eglise, c'est nous aussi. C'est nous tous qui sommes appelés à donner notre vie. Nous sommes tous des saint Pierre, mais des saint Pierre améliorés, passés par la mort et la résurrection de Jésus.

Un dernier mot. Lisons le verset 19. Bien sûr, Jésus donne au pape et aux apôtres le pouvoir d'ouvrir la communauté chrétienne ou de refuser l'entrée. On n'entre pas dans l'Eglise n'importes comment, c'est normal.

Mais lier et délier peuvent aussi avoir un autre sens. Lier, cela veut dire aussi : unir, rassembler, mettre ensemble, former une communauté. Et c'est bien ça la mission du pape : le pape préside à l'unité de l'Eglise. Dans l'Eglise, il y a ceux qui courent, ceux qui traînent, ceux qui sont vieux et des gamins, ceux qui grognent et ceux qui chantent, ceux qui croient beaucoup et ceux qui croient un peu etc. Le travail du pape c'est de faire l'unité : que tu sois de droite ou de gauche, coréen ou argentin, riche ou pauvre, bandit ou honnête homme, tu as ta place dans l'Eglise, car Jésus a donné sa vie pour toi, à ton tour, donne ta vie pour les autres.

Et "délier" ? Jésus emploie ici le même mot qu'à la résurrection de Lazare : "Déliez-le et laissez-le aller." Le pouvoir de délier, c'est aussi le pouvoir de libérer. A la suite de Jésus, nous sommes les libérateurs du mal et de la souffrance, nous sommes tous des Coluche, des abbé Pierre, des docteurs Schweitzer. Jésus nous envoie, à la fois pour faire l'unité du monde, et pour libérer les hommes. Voilà le vrai visage de l'Eglise.

* Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, qu'il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât le troisième jour.