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Notre-Dame de Lumière
Les fêtes de sainte Anne à Apt PDF Imprimer Envoyer

 

 
Dimanche 5 juillet 2015 - Marc 6/1-6 PDF Imprimer Envoyer

Pourquoi les gens de Nazareth n'ont pas accueilli Jésus? Pourquoi n'ont-ils pas cru en Jésus Fils de Dieu ?

Parce que leur tête était encombrée. Encombrée par les idées toutes faites qu'ils avaient sur Dieu. Ils imaginaient Dieu Tout-Puissant, et d'ailleurs la Bible leur avait dit que Dieu faisait trembler les montagnes et qu'il maniait la foudre à volonté ! Et voilà que le charpentier du coin se mettait à parler comme les Sages d'Israël et à faire des miracles, des prodiges comme ils disaient. Cet homme à deux pas de chez nous, le Messie ? Vous voulez rire !

Oui, les gens de Nazareth n'ont pas compris que Dieu vient là où on ne l'attend pas. Jésus, c'est le Dieu inattendu, le Dieu inconnu comme disait saint Paul. On le cherchait au Temple de Jérusalem, et le voilà qui se présente comme l'artisan du coin. Avouons qu'il y a de quoi en perdre son latin... ou son hébreu !

Nous aussi, nous sommes parfois coincés par nos idées sur Dieu. Le catéchisme nous a appris que Dieu est le Très-Haut, qu'il peut tout, qu'il voit tout, même une fourmi noire sur un caillou noir dans la nuit noire ! On oublie que Dieu est venu comme un pauvre ; on fête Noël à tout casser, mais on oublie que Dieu est venu comme un mendiant, un mendiant d'amour. Il mendie notre foi, il est assis à la porte de notre cœur. Et si nous n'ouvrons pas, il ne va pas la forcer, cette porte.

Ce Dieu inattendu, c'est un Dieu qui arrive "dans la faiblesse", comme dit saint Paul dans la 2ème lecture. C'est le Petit Prince, le galiléen qui s'assied parmi les pécheurs, un pauvre qui sollicite notre liberté. C'est bien le Tout-Puissant, mais pas comme nous l'attendions. Lui, sa puissance, c'est l'amour.

Alors, libérons-nous de nos idées toutes faites sur Dieu : "Moi mon père, je pense que... Moi mon père, je trouve que..." C'est bien de penser, c'est épatant d'avoir des opinions. Mais de temps en temps, écrasons, redevenons des enfants qui écoutent ce que Jésus nous dit dans l'Evangile, pour accepter que l'Esprit-Saint souffle où il veut et quand il veut. Laissons Dieu venir comme un pauvre. Quittons nos certitudes d'homme blanc qui a marché sur la lune et construit la Tour Eiffel. Ne bloquons pas Dieu, attendons-nous à l'inattendu.

Regardons saint Paul tombé de son cheval sur la route de Damas. Paul n'est pas seulement tombé de cheval, il est tombé de ses certitudes de pharisien ; il n'attendait pas cela, il a été littéralement désarçonné, aussi désorienté que les gens de Nazareth... Et saint Martin ? Au détour d'un chemin il rencontre un pauvre et lui donne la moitié de son manteau. Et le lendemain, il voit Jésus couvert de cette moitié de manteau. Martin n'en revenait pas !

Moralité : redisons-le : attendons-nous toujours à l'inattendu. Les préjugés c'est confortable, ça évite de penser. Même notre cœur a ses chouchous, il a ses rêves. Mais il risque de manquer Dieu qui est à sa porte. Que l'Esprit-Saint continue à nous surprendre. Dieu est tellement inattendu qu'il peut aussi bien me faire signe à travers un incroyant ou un non-chrétien qui vit dans l'honnêteté et la droiture là, dans ma rue, dans mon village, à ma porte.

Pour finir, notons quand même que saint Marc nous fait un clin d'œil. Il dit : "Jésus guérit seulement quelques malades." Allons, au milieu d'un océan de discutailleurs, de ricaneurs, de raisonneurs, il y en avait quand même quelques-uns qui s'étaient ouverts à l'inattendu de Dieu. C'était peu, mais ça changeait tout.

Pour nous, c'est un encouragement !