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Notre-Dame de Lumière
le 14 septembre 2014 : la Croix glorieuse PDF Imprimer Envoyer

les groupes bibliques reprendront à Notre Dame de Lumière, le mardi 23 septembre. Deux groupes sont proposés, l'un à 15h et l'autre à 20h


Une croix à la croisée des chemins. On passe.... Une croix au cou d'une jolie fille. On regarde la fille, mais moins la croix qu'elle a au cou, sauf les voleurs ! La croix ne nous "fait" plus rien. Mais au vrai, au fond, la croix, c'est horrible. C'est la mort, et c'est un des supplices les plus horribles quand on y pense. Merci aux islamistes qui nous aident à comprendre que la mort sur la croix est horrible, eux qui ont crucifié des chrétiens en Syrie, et peut-être en Irak.

Rappelons-nous qu'aux premiers siècles de l'Eglise, le signe des chrétiens n'était pas la croix, mais le poisson (en grec "iktus", c'est l'anagramme de Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur). Ce n'était pas la croix car les gens trouvaient ça trop horrible, eux qui avaient des esclaves crucifiés tout le temps sous les yeux. Vous vous rendez compte?

Alors, pourquoi la croix est-elle devenue le signe des chrétiens ?... En fait, il y a plusieurs croix.

La première croix, c'est l'homme qui ouvre les bras. Nous sommes créés pour ouvrir les bras. L'Evangile, c'est Dieu qui ouvre les bras aux hommes, aux pauvres, aux affligés. Un des premiers gestes de l'enfant, c'est d'ouvrir les bras pour tenir son papa ou sa maman. Et regardons le geste des otages quand ils sont libérés. Donc, l'homme qui ouvre les bras, il dessine une croix avec son corps, et pour lui, cette croix de ses bras, est bien le signe de l'amour. Malheur à celui qui ne sait plus ouvrir les bras.

Voilà pour la première croix : l'homme aux bras ouverts. Et la deuxième ? La deuxième, c'est la croix nue, la croix brute, le bois brut. C'est l'affreux signe de la mort lente, de l'asphyxie, de l'homme nu et désarmé face au monde, à la haine du monde. Rien de glorieux là-dedans !

Mais voilà, il y a une troisième croix. Et cette troisième croix unit la première et la deuxième. Elle unit l'homme qui ouvre les bras au bois brut de la croix brute, elle cloue l'homme qui ouvre les bras sur le bois brut. La troisième croix, c'est l'amour crucifié ; et là il faut bien comprendre, car c'est elle la croix glorieuse ! Il y a quelqu'un sur cette croix, et ça change tout, car ce quelqu'un c'est l'Amour en personne. C'est cet Amour qui a ouvert les bras au monde quand il était dans les bras de Marie, quand il accueillait les malades. Et le voilà qui traverse la souffrance et la mort, pour nous, pour nous sortir de la mort.

Ceci est très très important pour nous. Pourquoi ? Parce que chacun de nous a son paquet de souffrance à porter. Un paquet de souffrance que l'Evangile appelle un "fardeau". Et ce fardeau peut nous écraser, nous replier sur nous-mêmes, nous dessécher. Combien avons-nous vu de gens durs avec les autres parce qu'ils avaient trop souffert?

Mais ce fardeau peut aussi être transfiguré par l'amour. J'ai connu des garçons qui remontaient la montagne avec 20 litres de bière dans une cruche, sur la tête. Ils avaient le sourire aux lèvres, car en haut, leur fiancée les attendait. Pour nous c'est pareil. J'ai plus de 20 kg sur la tête, mais j'ouvre encore les bras, la vie continue, l'amour traverse la peine, l'espérance continue. A ce moment-là, je porte ma croix bien sûr, mais je dépasse mon malheur comme Jésus a traversé la mort vers la Résurrection.

Avant de mourir, le Petit Prince dit à Saint-Exupéry : "Je rentre chez moi. Quand tu regarderas les étoiles la nuit, puisque j'habiterai l'une d'elles, ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles." Les trésors d'amour que Jésus a porté sur la Croix, il ne les a pas emportés, il nous les a laissés, pour moi, pour toi, pour nous tous. C'est pour ça que nous fêtons la Croix Glorieuse.


Illustration : La Croix glorieuse. Dessin original fait par les soeurs Bénédictines de Vénière (71)