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Notre-Dame de Lumière
Homélie 15ème dimanche TO 2014 PDF Imprimer Envoyer

 

Homélie 15ème dimanche

 

Mon problème c'est : comment cette parabole peut parler aux hommes d'aujourd'hui ? D'abord parce que Jésus s'adressait à des ruraux, alors qu'aujourd'hui la majorité des gens sont en ville ; et aussi parce qu'il s'agit ici de vie intérieure. Donc cela suppose qu'on s'arrête de courir pour réfléchir. Est-ce que l'homme d'aujourd'hui a le temps de s'arrêter ? Est-ce le penseur de Rodin, c'est moderne ?

En y regardant bien, on s'aperçoit que, dans cette parabole du semeur, Jésus décrit un chemin de conversion : de la terre dure du chemin on passe à la terre légère, puis aux épines, puis à la terre bien grasse. Un vrai chemin de conversion. Il suffit de dire que la semence, c'est la Parole de Dieu, et le terrain, c'est le cœur de l'homme. Une conversion...

Ça commence par le chemin où rien ne pousse. Le goudron de l'autoroute. Il faut bien reconnaître que le monde moderne est comme le chemin, il est très allergique aux choses de Dieu. Ici nous sommes bien entre nous, nous prions, nous parlons de Dieu. Mais, en France du moins (peut-être pas en Pologne ! ), nous sommes quelques petits îlots de croyants au milieu d'un océan d'indifférence, avec des gens pour qui la question de Dieu ne se pose pas. Il faut s'en rendre compte. On n'a pas le temps de s'occuper de la religion. Et puis, Dieu, à quoi ça sert ? C'est pas rentable ! C'est pas la prière qui va faire bouillir la marmite etc. La terre du chemin...

Entre nous, vous allez me dire : "La route dure, c'est pas nous ! Nous, nous sommes croyants !" Ah bon ? Oui mais pourtant, souvent, nous avons un jardin secret, un coin de notre vie où nous ne voulons pas que Dieu entre.

Reprenons la parabole. Un jour, Dieu parle au cœur d'un homme, d'une femme, d'un enfant. Il se produit une étrange alchimie, à l'occasion d'une rencontre, d'une lecture. Et alors c'est un cœur qui s'éveille, une vie qui veut aller plus loin que le carnet de chèque ou que la cuisine à agrandir. C'est comme une aurore, une aube de la vie. C'est très beau.

C'est d'abord le cœur qui est pris. C'est bien, car le cœur c'est important, c'est le siège de l'amour. Mais... Mais si on en reste au plan de l'émotion, ça ne tiendra pas longtemps. On parle d'ondes positives, de fluide, voire d'apparitions. Un peu comme beaucoup de jeunes vont à Taizé, aux JMJ, mais après (pour beaucoup, pas pour tous !) c'est comme un soufflé au fromage. C'est la terre dans les rochers. Alors que la conversion, c'est aussi une affaire d'intelligence, de volonté, et de temps, pas seulement de patate.

Après, il y a les épines. Pour le converti, les épines, c'est l'épreuve du temps. C'est vrai, ce n'est pas après un an de mariage qu'on juge de la solidité d'un ménage. Le père Varillon écrit : "Si Dieu est Amour, il veut que notre béatitude éternelle soit une construction de nous-mêmes par nous-mêmes au long du temps."

Les épines, qu'est-ce que c'est ? Pas la peine de faire un dessin, nous savons tous quelles sont les épines dans notre vie : égoïsme, orgueil etc. Mais ici, remarquons bien : il n'y a jamais de bonne terre à 100% ! Épines et bonne terre sont toujours mélangées. Dans la bonne terre, il y a toujours des épines à arracher, des herbes à biner. C'est un travail de tous les jours, et c'est un travail bio ! Il ne faut pas attendre que les autres fassent le travail pour nous ; pas d'herbicides, pas d'insecticides, il faut travailler à la main, se donner, donner sa vie, arracher l'égoïsme. Chaque jour : souvenons-nous de la parabole du type qui avait chassé le démon et qui après s'est endormi. Le démon est revenu avec sept copains !

Donc, épines et bonne terre sont mélangées dans notre vie. La conversion est un travail de tous les jours. Mais nous avons une étoile. Cette étoile, c'est Celui qui a donné sa vie pour nous. Celui qui nous dit : "Donne ta vie, ne la garde pas pour toi." Souvenons-nous de notre jeunesse : nous voulions donner notre vie pour un idéal. Continuons notre prière : "Seigneur, sois notre étoile, continue à semer ta Parole dans notre cœur, dans notre communauté."

 

 
Parabole du semeur : un commentaire de Simone Grava-Jouve PDF Imprimer Envoyer

 

Terre de rencontres

Eté : le Sud scintille de chaleur et bruisse des foules transhumantes qui viennent s'y distraire et s'y reposer. La Provence brûle de toutes ses pierres échauffées - maisons, pavés, murs et remparts, églises et monastères et tous les monuments témoins d'une très riche et très ancienne histoire... Tout cela fait en juillet, de cette terre hospitalière, jardin de fruits, de cigales et de fleurs, un modèle de luminosité dorée, et, par voie de conséquence, un centre de tourisme fort attractif. Mais, il y a quelques décennies, le père Robert Chave, prêtre d'Avignon, homme de foi aimant la vie, les hommes, et le théâtre, avait imaginé une voie pour semer une graine et ajouter une discrète dimension spirituelle à tous ces attraits : l'envie de faire se rencontrer ceux qui venaient à l'occasion du festival, et les inviter à se parler dans le projet d'une confrontation éventuelle avec la foi chrétienne. C'était, dans son esprit, une forme d'évangélisation très respectueuse des artistes qui s'y produisaient et des spectateurs qui s'y rendaient, car il s'agissait d'aller "voir et entendre", pour discuter ensuite des textes, des interprétations, des mises en scène, en «témoignant» de leur résonance dans une perspective chrétienne. L'idée qui fondait la démarche était simple mais forte : la culture et la foi ont quelque chose à se dire, toutes deux se questionnent et se nourrissent mutuellement, se provoquent parfois, tirent toujours profit de leur dialogue. L'association que le père Chave a imaginée s'appela donc « Foi et Culture », elle est toujours vivante, elle continue là où elle fut fondée, mais l'esprit qui l'anime dépasse largement, à mon sens, le festival d'Avignon : partout, en Provence, désormais, ont lieu des « rencontres » autour de thèmes divers où l'art, la culture, la musique, le théâtre, entraînent des émotions, des réflexions, donc des échanges possibles. Ces spectacles se tiennent parfois dans les églises, et quasiment toujours dans des lieux singuliers qui cherchent la beauté. Soyons attentifs, nous, chrétiens, à cette recherche et n'hésitons pas à dialoguer avec les artistes et avec les spectateurs. Le semeur fait tomber les grains là où il se trouve : certains sont perdus, d'autres ne mûriront pas, quelques-uns donneront du fruit en abondance (Mt 13), Dieu seul sait ce qu'il adviendra. Alors, comme le psalmiste (Ps 64) qui loue l'action fécondante du Seigneur, affirmons - en pensée et en actes - notre confiance en la Bonne Nouvelle dont nous avons à témoigner : « Ta parole germera... Tu prépares les moissons... Tu bénis les semailles... Sur ton passage ruisselle l'abondance... ».

Bon été à tous !           Simone Grava-Jouve

 

 
Calendrier juillet 2014 PDF Imprimer Envoyer

Infos diverses

  • la quête du dimanche 13 juillet à Lumière sera pour les chrétiens du Proche-Orient (Syrie, Liban, Egypte)

  • du 12 juillet au 30, une exposition sur le pèlerinage de Compostelle se tiendra dans l'église. Le 18 juillet, causerie sur le pèlerinage.

  • dimanche 20 juillet à 17h, conférence-diaporama de René Migniot :" Les femmes et la lecture, du Moyen-âge à nos jours."

  • les fêtes de Ste Anne seront du vendredi 25 juillet au dimanche 27 à Apt. En particulier, une conférence de Christine Pedotti vendredi 15h30 à la chapelle des carmes :"L'Eglise a un bel avenir."